Poésie

Ombres

Quel étrange amour
Celui que vous portent les ombres

Sous le soleil
Si fidèles
A vos pieds accrochées
Elles suivent pas à pas
Et parfois même
Vous devancent

Puis disparaissent
S'évanouissent
Quand le ciel s'obscurcit
Ou que s'étend la nuit

Un croissant

Je vais te demander la lune mais sache que je peux me contenter d'un croissant,
si tu me l'amènes au lit, au petit déjeuner,
et tant pis si il me reste sur les hanches,
tant qu'il y aura tes mains pour les saisir
et ta queue pour fouiner ces secrets que je ne te cache pas,
si, peut etre celui là : j'ai revé de toi au quotidien

La source et la fleur

Je te devine et aimerais te surprendre
Seras-tu seule?
En moi une fleur
A ouvert ses pétales
Inhalant le plus chatoyant des parfums
Je me sens bien
Irrésistiblement bien
Enivré jusqu'à la déraison
Déjanté d'espérance
Une petite source
A jailli au coeur de moi
Qui chaque heure
Chaque instant
Fait pousser la fleur

L'arrosoir

Un vieil arrosoir percé
Abandonné
Sur le rebord du parapet
Qui rêve d'être réparé
De reprendre du service
De retrouver son boulot
D'arroseur de végétaux

Quand vient la lune
A la tombée du soir
L'angoisse le ronge
D'être un jour
Un jour de plus
Le gosier à sec

Va-t-on le remplacer
Par un objet sans âme ?
Finira-t-il à la ferraille ?
Abandonné
Par ceux qu'il avait tant servi.

A vous

A vous
Les belles passantes

A vous
Mes belles amantes

A vous
Mes espoirs et mes rêves

A vous
Mes belles Années

La danse des fées

Toi qui avais de ma jeunesse
Bafoué la naïveté
Toi qui avais de ma tendresse
Joué comme l'on joue aux dés

Sur le rivage du paraître
Lâchement délaissé
J'ai vu à jamais sombrer
Le navire de nos projets

Mais un jour œuvre du temps
L'été sera passé
De cette vie tu ne garderas
Que les pétales fanés

D'où que soufflent les alizés
Continue de vibrer
Car c'est ainsi enivrée
Que l'on s'amourache des fées

Espoir Désespoir

Espoir
Désespoir

Espoir
Désespoir

Espoir
Désespoir

Espoir
Désespoir

Espoir
Désespoir

Espoir

Ainsi bat le cœur de la vie

Demain

Demain est un autre jour
Hier est déjà loin

Maintenant ma mie
Dévorons la vie

L'enfant

L'enfant
Que fait l'enfant?

L'enfant joue avec le sable
et fait chanter la plage

De ses doigts alertes
complice de quelques coquillages
Il amuse les vagues

D'un sourire
Il chasse les nuages
Et émerveille le soleil du printemps

L'adulte

L'adulte le regarde
Il frémit
A la caresse du vent qui passe
Le vent de la vie
Qui trop loin de ces beaux rivages
l'entraîne doucement

Fil aimant

Le fil de l'eau
Le fil du bois
Le fil du récit
Le fil d'Ariane
Le fil du temps
Le fil amant
Qui éclaire mon quotidien
Mais qui rompt plus aisément
Que le fil de la vie
Heureusement

Vagues

Vagues

Vagues perdues

Vagues romances

Vague à l'âme

Vague histoires

Vague espoir

Vague

Vagues perdues

Vagues romances

Vague à l'âme

Vague histoires

Vague espoir

Vague

Décroche la lune

Ces mots que je susurre
aux creux de vos oreilles

Belles de mes rêves
Rêves de mes nuits

Je les cisèle
Comme les étoiles
Des mille et une nuits

Accrochés au plafond bleu
de ma patience
Ils attendent la lune qui osera
Les décrocher

Quotidien

8 : AM
Des heures
12 : AM
Des Années
2 : PM
Une vie
6 : PM
A compter les heures
A attendre qu'elles passent
Jusqu'à la dernière

Taïaut

Je vais partir
Partir là-bas
Ailleurs
Voir de mes yeux
Si la terre est ronde
Ici
Les uns après les autres
Mes rêves se sont perdus
Et je me sens nu
Nu et sale
Sale de cette médiocre vie
Sans saveur et ni devenir
Sale de mes échecs
De ma générosité perdue
Sale de ces peurs
Que l'on me renvoie sans cesse
J'ai dans l'âme
L'odeur des rats et des caniveaux
Alors n'importe quelle embarcation
N'importe quel navire
Fut-il un vieux rafiot
Me semble le plus beau des vaisseaux
Quand je l'imagine
M'emportant à son bord
Vers d'autres rivages
Où l'essence du monde
Serait plus sage

Héritage

Que feront-ils demain ?
Les enfants de nos enfants
De notre héritage

Que leur restera-t-il ?
De nos pensées étroites
Emmurées de peurs fantasques
En parpaings individuels

Que leur restera-t-il ?
De nos gloires technologiques
Qui mystifient le savoir
Et conjuguent le verbe avoir
Aux mille sujets
Du roi quotidien des larcins

Que leur restera-t-il ?
Quand de notre confort
Ils paieront le prix fort
Et que sur leurs mines personnelles défaites
Restera tatouée à jamais
La souffrance boiteuse
De notre savoir faire pluridisciplinaire
De l'antipersonnel Anti émotionnel Anti spirituel

Que leur restera-t-il ?
Si s'éteignent les poètes
Et que soient perdues ou oubliées
Les senteurs des violettes

Renaissance

Un désespoir sans fin
Une illusoire attente
Un souffle que l'on retient
Un espoir dans la tourmente
Un vent de déraison
Une vague de démence
Et puis un calme plat

Le silence

Un enfant qui rit
Un instant qui vit
Une poussée d'espérance
Un bourgeonnement de confiance

La renaissance

Cadence

Profite
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
La vie ensoleillée

Défile
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
L'ivresse de mes pensées

Joues
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
Le rythme de nos baisers

Dégage
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
La transe de mes regrets

Reviens
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
Mes rêves oubliés

Adieu
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
La mémoire de mon respect

Toujours
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
L'esprit de liberté

A vous

A vous

Les belles passantes

A vous

Mes belles amantes

A vous

Mes espoirs et mes rêves

A vous

Prison

Tant de temps
A tourner en rond
Tant de temps
A chercher l'espoir
Puis un jour
J'ai croisé ton regard
Et je m'y suis perdu
Depuis je tourne en rond
Avec pour seul espoir
Celui de te revoir

Bois

Bois des îles
Bois d'ailleurs
Bois d'ébène
Bois précieux
Bois de rose et de violette
Bois d'avant ou d'autrefois
Bois de charpente
Bois d'amourette
Bois d'acajou
Bois de santal
Bois de Corail
Bois de Zebrano
Bois de croix ou de potence
Bois de mon sapin

Bois

Meurtre

Etendue sur la grève
Belle
Emouvante

L'espérance gît là
Morte

Assassinée

Par la main de celui
En qui elle avait cru
Trouver un ami

Larmes

Une larme
Coule sur ma joue
Et tombe
Dans la poussière

Mon fils
Mon aîné
Me regarde
Moi
Son père

Qu'il est beau cet Apollon
Au regard pur
Comme l'azur

Une larme
De mon autre joue
Tombe
Dans la lumière

L'arme salée

L'arme du crime
Que l'on s'évertue
A chercher
Depuis que l'homme est érectus
Mais que l'on fabrique toujours

Larmes des crimes
Que l'on s'évertue
A sécher
Depuis que l'homme est érectus
Mais qui coulent toujours

Champs de batailles

Si champs et terres
Devaient garder
A jamais
La couleur
Des sangs versés
Par les hommes
A l'hôtel des dieux de la guerre
Et de leur infinie cupidité

Si chemins et routes
A jamais
Devaient garder
Le flot des larmes
Que femmes
Et enfants
Y ont versés

Serions nous différent ?

Le guetteur

Le guetteur
attend patiemment

Il observe
Le temps et les gens

Il ne juge pas
Il guette

Il guette son heure
qui viendra forcement

Délivrance

Enfin ce soir
La délivrance

Si douce
Si fluide
Si chaude

Que je n'ose encore en sourire

Car longue fût l'attente

Patiente
Enrageante
Désespérante

Si cruelle
Si ardente

J'ai encore du mal à m'endormir

Grains de sable

Grains de sable
Petits grains de sable
Sables de torrents
Sables de rivières
Sables de mystérieux déserts
Sables d'îles lointaines
Sables de mers exotiques
Sables de planètes nouvelles
Sables d'univers à découvrir
Profitez du temps
De l'eau
Du vent
Des éléments
Faites
Mille et un cristaux
Mille et un châteaux
Faites
Jouer les enfants
Et Courir les vagues
Faites
Grincer les rouages
Et Dorer les dames

Mais au grand jamais
Ne devenez
Grains de sable
De sablier

Esquisse

Des arbres
A la lisière d'un ciel sans fin

L'aurore au loin
Qui m'étreint

Des odeurs d'humus
Et de champignons

Des champs d'oiseaux
Qui intriguent dans la verdure

Un hanneton doré
Vêtu de sa plus belle parure
Qui gravit la mousse
En quête d'une promise

Des roches dures et sages
Qui en ont vu passer d'autres
Depuis la nuit des temps

Et le vent
Qui dans les branches
Chante sa romance

Tel sera mon tableau
Si j'arrive à le peindre
Si beau

Ex Matador

Ex matador
Devenu mate à meufs
Sur le sable ensoleillé
Loin des ardeurs de sa reine
Il regarde défiler
Le convoi des peines
De ses passions délaissées

Vertiges

Le précipice est à l'homme
Ce que l'air est à l'oiseau

Assis au bord du gouffre

Admirant une dernière fois
Ces belles étoiles
Qui donnent un semblant d'espoir
Au mystère des mystères

Il se demande encore pourquoi

Il mit tant de rage
A tailler le chemin
Qui le conduit à sa fin