Poésie

Arborescence

Des entrailles de la terre
Brisant la roche
Puisant l'eau
Je tire ma force

Toujours plus loin
Vers les lumières
S'étend mon second royaume

Sur les flancs du lien
Qui unit ces deux mondes
Deux amoureux
Ont gravé à jamais
Leurs promesses éphémères

Esquisse

Des arbres
A la lisière d'un ciel sans fin

L'aurore au loin
Qui m'étreint

Des odeurs d'humus
Et de champignons

Des champs d'oiseaux
Qui intriguent dans la verdure

Un hanneton doré
Vêtu de sa plus belle parure
Qui gravit la mousse
En quête d'une promise

Des roches dures et sages
Qui en ont vu passer d'autres
Depuis la nuit des temps

Et le vent
Qui dans les branches
Chante sa romance

Tel sera mon tableau
Si j'arrive à le peindre
Si beau

Bagages

Que le voyageur
Trouve le bonheur
Quelle que soit sa route

Qu'il puisse aller loin
Quérir son chemin
Sans douleur ni peine

Et quand il aura atteint l'autre rive
Qu'il puisse revenir
Se reposer auprès des siens
Qu'il aime

Au commencement

Au commencement
Etait la fin
La fin du poème
La fin d'une histoire
La fin d'une époque
La fin de l'hiver
La fin d'avant
D'avant le commencement

L'arme salée

L'arme du crime
Que l'on s'évertue
A chercher
Depuis que l'homme est érectus
Mais que l'on fabrique toujours

Larmes des crimes
Que l'on s'évertue
A sécher
Depuis que l'homme est érectus
Mais qui coulent toujours

Sentence

Visiblement
Très attaché

Au vague semblant
De sa supériorité
De papiers officiels

Campé
Sur le haut d'un statut
Que ses supérieurs
Avaient approuvé

Il jugeait

Il jugeait l'homme plein d'espoir
Qui lui tendait la main
En pensant
Mon frère

Mon Ami

Mise au point

Aimer
Ce mot est bien petit
Pour à lui seul
Signifier
Les mille usages
Que l'on peut en faire

Amour
Ce mot est bien court
Pour à lui seul
Mesurer
L'étendue de liberté
Qu'en mon cœur
Je t'ai œuvré

Révolution

N'avez vous jamais
Eu envie de tout lâcher

D'abandonner soudain
Les pesanteurs du quotidien
Pour s'en aller loin

Pour s'en aller loin
Le cœur au vent
Les cheveux en bataille
Les yeux pleins d'espoirs
L'esprit ivre de rêves
D'un pas long et ferme
Batir là bas
De ses propres mains
Une citée d'espérance
Un monde plus heureux
Un monde plus humain
Un monde plus serein

N'avez vous jamais
Eu envie de tout lâcher ?

Les caprices du temps

L'incessante caresse
De la vague amante
Use la roche
Lasse et consentante
A cette éternelle étreinte
Qui la sculpte, l'use
Et l'embellit sans cesse

Mariage de raison
Mariage de devoir
Mariages d'intérêts
Desquels le temps n'a que faire
Car seuls les mariages d'amour
Sont jouets de ses caprices

Esteban

Que sont ils devenus?
Esteban
Tes rêves de fraternité

Dans quel abîme
Ta candeur a t'elle sombré?

Qu'il est impitoyable
Et dur
L'océan de la médiocrité

Qu'il est glacé
Et violent
Le souffle de la lâcheté

Mais au loin
Esteban
Sur l'autre rive
Existe l'île
Dont tu as tant rêvé

Automne

Sur le petit chemin
Qui longe le ruisseau
Dame nature
Fait révérence
En enfilant sa plus belle parure
L'alchimie de l'été indien
Nous envoûte doucement
Et mots à mots
Pas à pas
Nous succombons
A la poésie de l'automne
Alors comme le vent dans les arbres
Tu me laisses t'effeuiller
Et je cueille une à une
Tes senteurs féminines
En un instant
Tes fesses charnues
Tes lèvres gourmandes
Ton sillon accueillant
Me font oublier
Que l'été est passé

Laisse

L'enivrante paresse
Des habiles caresses
D'une belle princesse
Aux si douces fesses
M'emmène je le confesse
Loin des îles de sagesse
Où doucement l'on laisse
Fleurir la vieillesse

Grains de sable

Grains de sable
Petits grains de sable
Sables de torrents
Sables de rivières
Sables de mystérieux déserts
Sables d'îles lointaines
Sables de mers exotiques
Sables de planètes nouvelles
Sables d'univers à découvrir
Profitez du temps
De l'eau
Du vent
Des éléments
Faites
Mille et un cristaux
Mille et un châteaux
Faites
Jouer les enfants
Et Courir les vagues
Faites
Grincer les rouages
Et Dorer les dames

Mais au grand jamais
Ne devenez
Grains de sable
De sablier

Pas de liberté

Pas de liberté sans choix
Pas de choix sans contraintes
Pas de choix sans responsabilité

La seule liberté qui soit
Est d'assumer ses choix

Envies

Étrange sensation que ton absence
Qui m'emplit
D'une douce mélancolie
J'ai envie de toi
De ta présence
De ton âme
De tes sourires
De tes regards
De la chaleur de ton corps
De la douceur de tes lèvres
De la candeur de ton désir
Mais la patience
Donne à ton absence
Toute la justesse du poids de mes rêves
Alors doucement
Je déguste l'amertume du temps
Qui doucement s'écoule
Pour mieux apprécier l'instant
Où ma vie
Redeviendra tienne

Amertume

Plus que les refus
Plus que les silences
Plus que les échecs
Plus que les tromperies
Plus que les amitiés perdues

Amère est la sentence
Prononcée avant
Que l'on vous ai connu

Sur le quai je suis resté sans voix
Bénédicte

Condamné
Etranglé
Pendu au fil du téléphone
Exécuté sans appel
Sans lendemain
Sans même une dernière volonté

Mais nous ne connaissons pas

Avais-tu répliqué

Jardinage

Les fleurs du bonheur
Poussent dans ces jardins merveilleux
Que l'on cultive
Tendrement
Patiemment
Passionnément
Avec ceux que l'on aime

L'arboriculture

Chaque jour
Plus profondément
Dans les entrailles
Du savoir de la terre

Chaque jour
Plus haut
Cherchant mon chemin
Vers la lumière

Chaque jour
Plus robuste
Je bâtirai la charpente
De mon destin

Raphaëlle 355

Petite fée de sous les ponts
Le doigt levé
Au bord de mon chemin
Qui crochète en passante
Les verrous de mon quotidien
Et nous voilà partis
Bifurquant de l'initiale destinée
La tête embrumée de vers
Les yeux remplis d'étoiles filantes
Vers le soleil levant
Par les chemins détournés
Qui rendent possibles les rêves humains

Naissance

Les parfums
Des romances fugaces
Font encore frémir ma narine

Du lit du fleuve roi
Emane le chant de la vase

Qu'il est envoûtant
Quand les heures sont sombres
Ce royaume silencieux des anguilles
Gardé par de muettes carpes

L'eau froide et tranquille
Glisse sur la rive

L'aurore est là

Qui dans la brume
A pas de velours
Se faufile

Les berges frémissent

Ainsi naît un autre jour
Un nouveau jour

Lettre au soldat

Bon, soldat, il serait temps que tu sortes du rang, que tu te distingues du peloton de mes amants sporadiques.
Que tu me racontes des histoires pour m'endormir, que tu me fasses l'amour pour me réveiller, que tu sois un esprit pour me séduire, une queue pour m'étourdir, un homme, un dur à cuire, un tendre aussi qui peut rester après minuit, après l'envie.
Putain, soldat, comme je serai femme, forte, folle, fine, fatale même si il le faut.
Je serai moi, en mieux, je ferai des efforts, tu feras des envieux.

Soldat, si tu sors du rang, je ne te tournerai pas le dos.
Sauf si tu me le demandes.
Gentiment.

En attendant, je fais le guet, l'air de rien, une clope à la main.

libellulina  31

Décroche la lune

Ces mots que je susurre
aux creux de vos oreilles

Belles de mes rêves
Rêves de mes nuits

Je les cisèle
Comme les étoiles
Des mille et une nuits

Accrochés au plafond bleu
de ma patience
Ils attendent la lune qui osera
Les décrocher

La source et la fleur

Je te devine et aimerais te surprendre
Seras-tu seule?
En moi une fleur
A ouvert ses pétales
Inhalant le plus chatoyant des parfums
Je me sens bien
Irrésistiblement bien
Enivré jusqu'à la déraison
Déjanté d'espérance
Une petite source
A jailli au coeur de moi
Qui chaque heure
Chaque instant
Fait pousser la fleur

Désirer

Avoir ce que l'on désire
N'est rien
L'important
Est de continuer
A désirer ce que l'on a

Le désespoir des Anges

Frémi
Frémi petite source
A l'appel
De mes désirs

Mouille
Mouille petit ruisseau
En ton sillon
Toujours si beau

Fascine
Attire
Aspire
Inspire
Câline caverne
Obscure cavité
Où se créent
Où se nouent
Où se perdent et meurent
Si voluptueusement
Les rêves sans trêves
Des anges déchus

Bois

Bois des îles
Bois d'ailleurs
Bois d'ébène
Bois précieux
Bois de rose et de violette
Bois d'avant ou d'autrefois
Bois de charpente
Bois d'amourette
Bois d'acajou
Bois de santal
Bois de Corail
Bois de Zebrano
Bois de croix ou de potence
Bois de mon sapin

Bois

Univers

L'immensité
Nous renvoie
A l'infini petitesse
De notre égocentricité

Pourquoi ?

Devant cette peur du vide
Des questions sans réponses
Le vertige nous prend

Et l'on invente un nom
Au mystère des mystères

Et l'on échafaude
En vain
De grands espoirs
Des vies à venir
Bien moins pires
Que celles du présent

J'ai marché longtemps
Dans mes tourments

Pour accepter
De redevenir un jour
Poussière d'infini

Pour qu'après moi
Disparaisse à jamais
Ce que je suis

Pour que le temps efface
La trace
De mon présent accompli

Pour que s'arrête ma vie
Ma quête inachevée

Sans réponses claires et absolues
Aux doutes
Qui donnent un sens
A la poésie

La danse des fées

Toi qui avais de ma jeunesse
Bafoué la naïveté
Toi qui avais de ma tendresse
Joué comme l'on joue aux dés

Sur le rivage du paraître
Lâchement délaissé
J'ai vu à jamais sombrer
Le navire de nos projets

Mais un jour œuvre du temps
L'été sera passé
De cette vie tu ne garderas
Que les pétales fanés

D'où que soufflent les alizés
Continue de vibrer
Car c'est ainsi enivrée
Que l'on s'amourache des fées

Insomnies

Calme de la nuit
Chant de la pluie
Je te guette
Du fond de mes insomnies
Et tu es là
Patiente
Au coeur de moi
Blottie
Qui me sourit

Vagues

Vagues

Vagues perdues

Vagues romances

Vague à l'âme

Vague histoires

Vague espoir

Vague

Vagues perdues

Vagues romances

Vague à l'âme

Vague histoires

Vague espoir

Vague