Rien à vendre! Circulez il y a juste à voir!

Il est des jours où la vie s'éclaire et que ce que vous devez faire prend du sens.

J'ai décidé ce matin en sortant de la cour d'appel de Rennes de sortir définitivement de l'art marchand et de la monétisation de mon travail.

D'abord il y a cette notion d'esclavage dans laquelle vous enferme toute notion de monétisation. Ma vie vaut plus qu'un salaire et mes toiles sont autre chose que de l'argent.

En clair, j'ai une vrai aversion à me vendre. A fixer un prix sur une toile. Et le marché de l'art qui n'est basé que sur cette notion me révulse. Est ce un défaut? Pour les autres, beaucoup d'autres c'est certain. Pour moi c'est une vrai qualité de ne pas arriver à se vendre.

Ce matin un juge sans la moindre capacité d'écoute, qui débitait des lieux commun à chaque phrase, et m'avait visiblement jugé par avance, m'a quand même obligé à réfléchir. Merci à elle, même si cette réflexion ne venait pas d'un haut niveau d'esprit. La question était d'évaluer les revenus que je pouvais tirer de la peinture parce que j'avais ce site Internet. Lors d'une première audience à Rennes il avait été jugé qu'ayant un site Internet, j'avais forcement des revenus venant de mon travail de peinture. Quand autant de bêtises sortent de la bouche des robes noires, et qu'il en devient inutile de répondre, parce qu'aucune écoute n'est ouverte. Que penser? Que faire? La justice Françaire dans toute sa caricature, qui a plus d'énergie à dépenser pour traiter un pauvre de menteur ou de criminel ou de considérer qu'il fraude, que d'entendre pourquoi il devient chaque jour un peu plus pauvre malgré toute la générosité dont il a pu faire preuve. A vous ensuite de prouver que vous n'avez pas de revenus et qu'un site parce qu'il existe ne génère pas forcement de ventes. Savoir si vos créanciers ont été honnêtes ou quelle est la part des dysfonctionnement de la justice dans votre situation, cela n'a aucune espèce d'intérêt. La justice Française au service des riches, des banques et surtout d'elle même comme depuis toujours.

Cela faisait des années que je restais entre deux rives. Ma pauvreté récurante m'obligeant à vendre pour que la peinture finance la peinture. Ne cherchant pas à être riche, c'est difficile de le devenir. J'ai bien fais quelques expos. J'ai bien vendu quelques toiles. Souvent pour payer des frais de justice dans les batailles m'opposant à mes ex pour le droit visiblement illégitime de voir mes enfants. Mais je n'ai que trop attendu pour faire ce choix. Oui, je ne veux plus faire de moi une valeur monétaire et j'en accepte les conséquence, même s'il y a beaucoup de chance que cela m'envoie rapidement à la rue.

Qu'y a t'il de satisfaisant de vendre une toile qui deviendra le plus souvent un objet d'orgueil et de faire valoir.

- Regarde Simone l'oeuvre que j'ai au salon et que j'ai acheté fort cher. Si je te dit que cela va prendre de la valeur, c'est un artiste bourré de talent dont je suis certain que la côte va exploser dès qu'il se sera suicidé...

Donc il n'y plus de toiles ou d'oeuvres à vendre sur ce site, ni dans la vie réelle. 

Je vais me détacher des toiles existantes soit en les brulant soit en les donnant à ceux qui en auront envie pour autre chose que pour faire une affaire. Les toiles que je donne me rendent finalement bien plus heureux que les toiles qui partent pour un prix... Très heureux qu'Alice ait choisi par exemple depuis un an d'exposer PAMPA chez elle. 

Je déteste cette société qui fait de nous des valeurs marchandes que l'on élimine quand elles ne rapportent plus assez ou que l'on magnifie quand elles rapportent. Comment sortir de ce cycle destructeur qui fais de nous tous des esclaves?

Yao

Yao

Créatif, designer, artiste... J'ai toujours eu du mal à me laisser ranger dans des boîtes qui vous enferment si vite et qui changent beaucoup selon l'intérêt qu'on leurs porte

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