Il pleut

Il pleut
Je regarde tomber les gouttes et je m'interroge

 

Que suis je devenu ?
Un homme à vendre parmi tant de choses à vendre.
Un homme forcement objet ou machine puisqu'à vendre ou à monnayer.
Un service imparfait, bientôt trop vieux pour le « marché » du travail...

Il y a heureusement le miracle de cette pellicule de vivant qui s'accroche à cette terre pour en faire autre chose qu'un désert. Quand on regarde le grand désert sidéral ou voyage notre doux vaisseau bleu, on peut parler d'une chance incroyable.

Il pleut sur mon jardin des gouttes encore gratuites, mais pour combien de temps.

Je loue mon jardin et ma maison.
Je loue le grand cerisier centenaire qui était là bien avant moi et sera encore là longtemps après. Je loue ce bout de terre et vivant.

Je ne loue pas encore le service des abeilles et l'air que je respire.
Mais dans nos sociétés de comptables obtus qui ne savent compter que ce qu'ils sont capable d'observer, ce n'est déjà pas le cas partout. Et on peut se poser la question avec un esprit de machine si tout n'est pas déjà voué à avoir un coût.

La pollution de certaines villes engendre des allergies ou maladies qu'il faut bien soigner. Certains paye alors chèrement le coût de l'air, comme on paye le coût de la terre et celui de l'eau quand il faut la nettoyer pour pouvoir la boire.

Étrange société humaine qui fait des biens communs gratuits des moyens de profits privés. Avec toujours la même force de répétions à travers l'histoire, comme si les guerres que cela engendre ne nous apprenaient rien. Comme si sur cette belle petite boule bleu nous n'avions pas mieux à faire pour occuper notre temps que de compter nos heures et nos profits. Tout cela est finalement si ridicule, si petit, si médiocre.

Quand un enfant est malade de notre air vicié et qu'il devient un moyen concret de profit, avons nous autre chose qu'un esprit de machine ?

Quand on observe ces nouveaux héros du monde civilisés, ces milliardaires d'Internet dont les brillants esprits formés par les plus grandes universités, qui sont sans contexte possible ce que le l'humanité fait de mieux comme intelligence, et que l'on constate que tout ces talents ne sont essentiellement consacrés qu'à vendre de la publicité, on peut réellement s'interroger sur le sens que tout cela va prendre. Il y a pourtant forcement des moyens de faire autrement.

Il pleut
Mon jardin luit sous les gouttes
Je voyage sur une incroyable boule bleu et vivante dans l'espace glacé

Yao

Yao

Créatif, designer, artiste... J'ai toujours eu du mal à me laisser ranger dans des boîtes qui vous enferment si vite et qui changent beaucoup selon l'intérêt qu'on leurs porte

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